Monday, May 8, 2017

Californie (7) : Soleils du dernier jour


End of the journey...



Les dernières heures de la route sont entièrement en ville.



Le premier McDonald's a ouvert à San Bernardino.



Un bon vieux drive in comme dans Grease.



La banlieue de LA sans fin.



Ces palmiers crient Californie.



Cinéma maya dans la banlieue de LA.



Architectures étranges. Imitations d'ancien.



Toujours cette banlieue hétéroclite 
qui peut parfois faire penser à un parc d'attractions.



Un phare pour les voitures dans l'océan automobile de LA ?



Le Metro Bus de LA à gauche.



Enfin voici downtown LA.



Les immeubles de Downtown.



La gigantesque mairie de Los Angeles.



Un petit coup de Hollywood.



Et la fin, sur le Pier de Santa Monica, le tout-au-bout de la Route.



Je laisse le dernier mot aux pélicans du Pacifique.


Thursday, May 4, 2017

Californie (66-40) : Dernier jour



     Il y eut un soir. Il y eut un matin. Californie.

     Beauté du silence du matin ; beauté de ce moment de la journée où l'on n'a pas encore entendu sa propre voix, si ce n’est celle, intérieure et plus intime, plus douce, des pensées – beauté de ne pas avoir goûté  encore au jus fruité de l’humour, de la plaisanterie, qui se déguste à plusieurs.

     Calme naturel de ce moment du jour, si propre à la concentration, parce qu'il a été trempé pendant des heures dans la liqueur étourdissante du sommeil; page blanche du matin sur le palimpseste des rêves qui déclinent insensiblement dans l’oubli, reprenant discrètement le chemin de cette nuit qui s’éloigne.

    « Madonna, c’est toi qui frappes à la porte ? – Non, c’est Moi, le Soleil. – D’accord, je me réveille, mon sommeil ne résiste plus à ta beauté éblouissante, au concert du jour en éveil, au printemps du matin, à son éclosion de couleurs un peu atténué parfois par la force même qui les fait naître –c’est-à-dire de la tienne, Soleil ! »

     Le soleil glisse l’or de ses rayons californiens à travers la fente des rideaux du motel. Il illumine des portions de la chambre que l’œil du dormeur encore amant de l’ombre contemple depuis la fin de son sommeil et le début de ses pensées qui sont presque encore des rêves.

    Le soleil riant, joyeux, avale peu à peu la nuit des rideaux, l’engloutit d’une manière simple et solennelle à la fois.

     Le soleil emplit la salle de bain voisine où l’on va s’immerger au début de la journée pour aborder au rivage lucrétien du bonheur matériel dans son sens le plus noble. C’est une résurrection au paradis californien prodigué par le jour, un passage secret vers le ciel :

     « Douche matinale ! Baptise-moi pour ce jour de la religion des beautés du soleil, pour que je puisse saintement goûter aux vifs rayons de son « dix heures », me prosterner en siestes sous son midi et son quatorze heures, épouser la couleur dans ses concerts silencieux des plus longues après-midis d'été, pour recevoir finalement les derniers sacrements de son sunset mourant, sans jamais finir, dans la nuit. Et que le purgatoire du rêve daigne m’accorder ensuite la résurrection d’un nouveau jour ! »

     Voilà l'éclat du soleil levé, le vrai or du Golden state, cette explosion de lumière, d'énergie et de chaleur dans le ciel, comme un feu d'artifice blanc sur la toile bleue de l'atmosphère - panneaux solaires sur les toits des maisons alternatives des hippies du XXIe siècle, à table ! ...

     Soleil, j’ai trop parlé de toi dans ces pages, j’ai trop prononcé ton nom, j’ai lassé mon lecteur et détruit la diversité précaire de mon lexique – mais tu es partout, soleil, et surtout dans le ciel de Californie ! Tu es californien comme les nuages sont de l'Illinois, ces jolis gros nuages blancs au-dessus du lac Michigan.

    De temps en temps, brefs arrêts pour recueillir des miettes d'écriture dans un cahier, en une admiration manuscrite du paysage illuminé par le soleil.


***

     Je ne sais pourquoi, mais je n'ai jamais écrit la fin de notre histoire de la route 66. Peut-être, et même sans doute était-ce par désir d'y rester, de ne pas finir la Route, de rester sans cesse en voyage et de contempler Los Angeles dans un rêve, qui est le vrai lieu où cette ville se trouve. Oui, c'est cela, rester en mouvement, continuer à n'abandonner une découverte que pour une autre découverte, une surprise pour un étonnement, et surtout ne pas rentrer avant la fin de... de quoi ?

     Après Victorville, nous descendions les montagnes sèches des alentours de Los Angeles, celles où les voitures font leurs courses-poursuites et certaines de leurs dans le film Drive avec Ryan Goslin (spéciale dédicace à toutes les petites sœurs qui lisent cet article). Ce sont aussi les montagnes des trafiquants de drogue et des clips musicaux où le chanteur se met au volant d'une belle américaine des années 80 pour mieux vivre son tube.

    Une expérience particulière se produisait alors en moi, celle de relier par la route le connu et l'inconnu, c'est-à-dire la Californie de la route 66, du désert, et celle, plus urbaine, que je connaissais par mon année comme professeur au Lycée français.

    Par San Bernardino, nous entrions alors peu à peu dans un océan de villes sans interruption, une agglomération continue sans marges, une continuité de maisons, de stations-services, de fast-foods, de mairies et de cinémas, que les langues n'ont pas assez de vocabulaire pour décrire, ne serait-ce que parce qu'il y a plus de chambres dans ces cités que de mots dans leurs dictionnaires. Nous enfilions les feux rouges et les feux verts comme des perles sur un collier de route, et voilà alors des complexes résidentiels de villes sans nom (ou plutôt, elles ont tous un nom en espagnol, qui revient toutes les trois villes), sans la frontière d'un canyon ou d'une rivière. Nous étions comme dans le halo ou l'auréole de Los Angeles qui se faisait de moins en moins loin.

   Peut-être était-ce le moment de remettre la radio pour entendre Robbie Williams et sa chanson Moving to LA ? Car c'est cette impression finale d'arrivée que la Route a fini par bien vouloir nous donner.

    Rialto, Fontana, La Verne, San Dimas, Glendora, Azusa, Irwindale, Duarte, Monrovia, et bientôt Pasadena, et son charme parfois ancien (j'ai dit parfois), les palmiers et les fleurs qui lui donnent son surnom de « cité des roses », même si elle n'est pas la seule dans le monde à s'octroyer ce surnom-là. Les palmiers : j'allais presque oublier d'en parler, tant ils étaient haut au-dessus de ma tête, mais ils sont un bon indicateur : plus ils sont élevés, plus vous êtes proches du but, et je peux vous dire qu'ils sont très hauts au bord de l'océan.

   Puis c'est Echo Park, et des hipsters qui en descendent les collines sur un skate. Ce quartier très branché, avec ses disquaires, ses friperies, est cependant moins bien réputé que son voisin Silver Lake, à cause précisément du parc où se réfugient les sans-abris de cette jungle urbaine.

    Downtown suit le cortège de ce grand Los Angeles qui nous défilait devant les yeux. Ses immeubles art déco et moins hauts qu'à Chicago rappellent que ce quartier n'est plus le centre de la ville depuis plusieurs décennies, et que le centre de gravité s'est décalé vers l'océan, suivant la civilisation des loisirs et l'âme balnéaire. Downtown sert désormais pour les films et les photos de mannequins, à la manière d'une arrière-cour de Hollywood. Il a aussi ses petits airs de Montmartre, avec des squares, des marchés populaires, et un petit funiculaire de 1901, l'Angel's Flight.




    Sous les dragons de Chinatown, nous croisons l'un de nos derniers panneaux 66. Si le Chinatown de LA est assez vieux et moins fourni que celui de New York ou de San Francisco, cette partie de la ville rappelle que Los Angeles accueille de nombreuses communautés, à vous donner des envies de karaoké dans Koreatown, de sushis dans Little Tokyo ou de restaurants africains dans Little Ethiopia, bien plus authentiques que le Little Paris de Las Vegas, je vous rassure.

   Ce n'est plus exactement la route 66, mais le détour par Hollywood boulevard s'impose avant de passer devant les panneaux de Beverly Hills. Je raconterai peut-être leur histoire sur ce blog, dans une autre aventure, car vous savez qu'ils sont des mondes à eux tout seuls qu'il serait inutile de vouloir décrire dans ces maigres paragraphes de fin de route.

    Nous descendons Santa Monica boulevard, et il ne nous reste plus que Lincoln boulevard pour finir officiellement la route, après avoir garé la voiture dans un lieu moins touristique, c'est-à-dire chez moi, sur le parking de mon petit appartement de Santa Monica. 

     Pendant des mois, j'ai eu la chance d'habiter, en colocation avec un Hawaiien d'origine asiatique et un apprenti kiné adepte de cannabis sur ordonnance, un appartement à quelques rues de la plage. Mais nous, les voyageurs, en arrivant, nous garions la rouge Denise à côté de mon autre décapotable, Albertine la blanche, mon véritable amour, dont le nom de famille est Mercedes ; elle fait le fond d'écran de ce blog et son histoire aussi sera peut-être publiée un jour sur les pages que me prête Internet sur son livre sans fin. Nous garons donc notre Chrysler rouge et descendons à pied tous les trois vers la plage.

   Third street promenade, son centre commercial de plus en plus couru, ses artistes de rue, ses buissons taillés en forme de dinosaures. Oui, oui, oui : depuis quelques heures, des blondes, des tatouages, des touristes, pas de doute sur le lieu où nous nous trouvions, c'était bien un film ou une série télé américaine. Juste après, traverser Ocean boulevard : quand j'écoute le titre Island in the sun de Weezer, c'est là que je me trouve, au volant d'Albertine, en direction de la highway 1-0-1.

     Enfin nous débarquons sur le meilleur des piers. Le pier : c'est ainsi qu'on appelle la jetée de Santa Monica, si fameuse sur les cartes postales et dans les coins de caméra d'Alerte à Malibu, qui ne se passe pas du tout à Malibu. Santa Monica * yacht harbor * sport fishing * boating * cafes : tout un programme – nous franchissons le panneau en arc sous lequel passent les piétons pour entrer dans ce lieu sacré du bout du bout du monde. Les nouvelles Converse fraîchement achetées dans une boutique du centre viennent grincer sur le bois de ce pier, dire bonjour au poste de police bleu et blanc en forme de crayon futuriste, aux salles d'arcades et aux vendeurs de pop corn, aux stands de casquettes et de lunettes au dessus de l'eau, ainsi qu'aux derniers guitaristes mélancoliques dans le soleil.




    (Soit dit en passant, j'ai toujours pensé qu'Under the bridge des Red Hot Chili Peppers était comme un hymne du Pier, qui doit chanter son amour de LA dans la langue de son bois.)




    Alors, dernière photo dans le dernier endroit touristique de la Route ? Devant le dernier gift shop au-dessus des vagues, tout au bout du pier, avec la carte de la route 66 et des souvenirs de lieux où les touristes ne sont pas allés. Un dernier sourire, perdu dans trois infinis égaux : celui du ciel, celui du Pacifique et celui de la jeunesse.

     Puis on oublie, et on va saluer les pélicans qui font concurrence aux pêcheurs. Si le paradis est dans le ciel, il est possible que cette partie du ciel soit au-dessus de Los Angeles.



Tuesday, May 2, 2017

Californie (6) : San Bernardino


San Bernardino



Les collines commencent à ressembler à celles de Los Angeles.



C'est ce lieu que vous voyez dans toutes les courses-poursuites autour de LA 
(regardez donc par ici : https://www.youtube.com/watch?v=kPC_evpbwDM)



Ah, ah ! Que la sérénité de la montagne ne vous abuse pas !



Les poteaux, jusqu'au sommet des collines, 
apportent le courant qui viendra éclairer les lettres de Hollywood à la nuit tombée.



Un peu de plus, et on se croirait dans un été des Alpes autrichiennes.



Mais San Bernardino vous détrompe.



Le style faussement ancien annonce l'esprit parfois décor de cinéma de LA.



Ces gens ne sont-ils pas déçus de ne pas habiter à LA même ? 
Car quitte à habiter en Californie du Sud...



On dirait presque qu'ils ont eu eux aussi, 
comme l'Algarve ou l'Andalousie, leur conquête arabe.



L'Amérique monumentale recommence.



Voilà à quoi ressemblent les villes californiennes.



C'est vrai que sans les palmiers, ça pourrait presque ressembler à Oklahoma city.



Les terrasses entre les immeubles.



La vigie naturelle des palmiers, qui ne chôme jamais sur l'océan infini de la ville.



Le cow-boy de Hollywood remplace peu à peu celui du Texas, 
un peu plus rond au niveau du ventre.



Quelqu'un a-t-il revendiqué le titre d'oeuvre d'art 
pour ces faux panneaux au-dessus des bassins ?



Les piscines de Berverly Hills sont plus confortables, croyez-moi.



Les fresques nous laissent toujours l'occasion de réviser un peu notre route 66.



Avec quelques plaques commémoratives, cette fois.



Carroll Shelloy, nous pensons à toi.



Hall of fame, comme c'est américain 
(on trouve la même chose dans les supermarchés pour le employee of the month)



Impossible de faire un commentaire plus étrange que cette sculpture.



Stop ! stop ! à chacun sa piscine !



San Bernardino



Les fresques rappellent aux habitants qu'ils habitent sur la route 66



Levez un peu la tête.



Ou baissez-la.



Au feu vert, je lâche l'appareil photo et je démarre.



Au revoir, San Bernardino.



Monday, April 24, 2017

Californie (5) : Barstow


Un dernier motel



Ils sont tous semblables les uns aux autres, 
mais celui-là aura eu pour nous une saveur unique.



Ce n'est plus seulement la TV en couleur, mais aussi le Wifi : 
décidément, un pas vers la civilisation.



Ces vieux panneaux si 66...



Denise, tu as conscience que c'est la fin de ton périple ? 



L'Amérique, toujours aussi fière d'elle-même.



La 66, toujours aussi clinquante de souvenirs idiots.



Heureusement, quelques vraies traces du passé demeurent.



La dernière demeure d'une voiture qui a dû rêver encore bien plus que la nôtre.



Les vieilles pompes à essence.



Voitures anciennes



Ah, enfin les clichés sur la Californie !



Si quelqu'un écrivait une BD sur la route 66, 
l'un des personnages ressemblerait à cela.



Sur un vieux camion,on invite les militaires.



Munitions pour vos duels de cow-boys



Bartow, ce sont de vraies lumières dans le désert;
 les localités sont de plus en plus des villes, 
et l'on sent comme une rumeur de Los Angeles dans l'air.



Les bonnes vieilles Texaco 
comme dans tous les clichés sur l'Amérique des années 60.



Get your kicks for ever and ever



Elles sont encore là pour observer le passage du temps.



... ou attendre souvent en vain le passage du vent ?

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